Douleur au dos égale hernie : un des plus grands mythes en santé
- 23 janv.
- 5 min de lecture
Avoir mal au dos fait peur. Très souvent, la première pensée qui nous traverse l’esprit est la même : « J’ai sûrement une hernie discale. »
Vidéo associée: Pourquoi croire que douleur égale hernie est un danger pour votre cerveau à long terme (En savoir plus avant de l'écouter)
Associer systématiquement une grosse douleur à un problème grave comme une hernie discale ou de l’arthrose est dangereux pour votre santé à long terme. Pourquoi ? Parce que ce type de croyance vous enlève énormément d’autonomie. Ça alourdit inutilement votre perception de la douleur et ça vous pousse vers des comportements de protection excessifs comme la sédentarité, le repos prolongé et l’évitement du mouvement, plutôt que vers un retour progressif à l’activité, de façon objective et sécuritaire.
En santé, il est essentiel d’avoir des discours simples, clairs et nuancés avec les patients. Lorsqu’on parle de diagnostics comme la hernie, il faut être extrêmement posé. Si l’explication est maladroite, trop alarmiste ou trop dramatique, vous risquez de développer une dépendance envers la clinique qui vous propose un plan de traitement agressif et prolongé, au lieu de recevoir les outils nécessaires pour devenir autonome après le soulagement initial.
L’objectif devrait toujours être de vous aider à vous rééduquer à la maison, à reprendre confiance en votre corps, à maintenir une attitude positive et objective face à votre douleur au dos, plutôt que de vous enfermer dans un rôle de patient fragile.
Nous avons d’ailleurs réalisé une vidéo complète sur le danger des discours péjoratifs, trop négatifs ou trop lourds, et leur impact à long terme sur le développement des douleurs chroniques. Ces messages peuvent littéralement reprogrammer votre cerveau à avoir peur du mouvement, ce qui entretient la douleur au lieu de la diminuer.
C’est compréhensible. On en entend parler partout. Sur Internet, dans l’entourage, parfois même dans certains discours médicaux mal expliqués. Pourtant, associer automatiquement une douleur au dos à une hernie est l’un des plus grands mythes en santé musculosquelettique.
Le but de cet article est simple : t’aider à comprendre ce qu’est réellement une hernie, pourquoi la majorité des douleurs au dos n’en sont pas une, et surtout comment reprendre le contrôle sans tomber dans la peur.
Comprendre l’anatomie du dos
Le dos est une structure incroyablement complexe. Il est composé de plusieurs éléments qui travaillent ensemble.
On y retrouve d’abord les vertèbres, qui forment la colonne vertébrale. Entre chaque vertèbre, il y a un disque intervertébral. Ces disques agissent comme des amortisseurs. Ils permettent les mouvements et absorbent les chocs.
Autour de cette structure, il y a une grande quantité de muscles. Certains sont superficiels, d’autres très profonds. Ils servent à stabiliser la colonne, à nous permettre de bouger, de nous pencher, de tourner, de porter des charges.
Il y a aussi des ligaments qui maintiennent l’ensemble en place, ainsi que des nerfs qui sortent de la colonne pour aller vers les jambes et le reste du corps.
Bref, quand tu as mal au dos, la douleur peut venir de
• muscles
• articulations
• ligaments
• disques
• surcharge mécanique
• fatigue
• stress
Une hernie n’est qu’un élément parmi tant d’autres.
C’est quoi exactement une hernie discale
Une hernie discale, c’est lorsque le disque sort légèrement de sa position normale. On peut imaginer un beigne dont la confiture pousse vers l’extérieur.
Important à comprendre :
👉 avoir une hernie ne veut PAS dire avoir mal.
C’est même extrêmement fréquent dans la population. Des études montrent que dès la trentaine, un très grand pourcentage de personnes ont déjà des hernies ou des changements dégénératifs au niveau de la colonne, sans jamais avoir eu mal au dos de leur vie.
« Beaucoup de hernies sont découvertes par hasard, lors d’IRM ou de radiographies faites pour autre chose. Ces examens sont parfois demandés sans réelle justification clinique, et on tombe sur une hernie qui n’a absolument aucun lien avec la douleur actuelle » - Dr. Julien Boisvert, chiropraticien D.C.
Hernie ne veut pas dire condamnation
Oui, avoir une hernie est un facteur de risque. Ça veut dire que la personne est un peu plus à risque qu’une autre de développer:
• des douleurs récurrentes
• des épisodes de blocage
• parfois de la douleur chronique
Mais ce n’est PAS une fatalité.
La majorité des hernies se résorbent d’elles-mêmes avec le temps. Le corps est capable de s’adapter, de réduire l’inflammation et même de réabsorber partiellement la hernie.
Ce qui fait souvent le plus de dégâts, ce n’est pas la hernie elle-même, mais les comportements qu’on adopte par peur.
Les erreurs les plus fréquentes
Quand quelqu’un apprend qu’il a une hernie, plusieurs tombent dans des pièges.
Rester à la maison pendant des mois sans bouger, par peur d’aggraver la situation.
Prendre uniquement de la médication et attendre passivement que ça passe.
Vivre avec la peur constante que chaque mouvement pourrait « faire éclater » le disque.
S’interdire de bouger, de travailler, de faire du sport, de vivre normalement.
Ces comportements entretiennent la douleur. Le corps devient plus raide, plus faible, plus sensible. Le cerveau apprend à avoir peur du mouvement, ce qui amplifie la douleur.
Le rôle de l’autonomie et du mouvement
Plus on est autonome, plus on reprend confiance dans son corps, plus on bouge graduellement en respectant ses capacités, plus on stimule la guérison.
Ça ne veut pas dire forcer.
Ça veut dire
• bouger intelligemment
• respecter ses limites
• se reposer quand c’est nécessaire
• reprendre progressivement ses activités
Le mouvement est un médicament.
L’inactivité prolongée est souvent un poison pour le dos.
Les vrais symptômes d’une hernie problématique
Une chose est capitale à comprendre.
👉 Une grosse douleur au dos, même intense, même à 14 000 sur 10, ne veut PAS dire hernie.
Une douleur localisée au dos, même diffuse, ne devrait jamais être automatiquement associée à une hernie discale.
Pour qu’une hernie soit réellement responsable des symptômes, il faut beaucoup plus que de la douleur.
Une hernie fait partie des lésions dites envahissantes, c’est-à-dire qu’elle prend de la place là où passent les nerfs. Si elle est réellement problématique, elle doit créer des signes neurologiques.
Par exemple
• perte de force dans une jambe
• engourdissement
• perte de sensation
• diminution des réflexes
• douleur qui descend clairement dans la jambe
Sans ces signes neurologiques, la hernie n’est probablement PAS la source principale du problème.
Et si j’ai une hernie confirmée
Que la hernie soit
• symptomatique
• asymptomatique
• ou que tu aies juste un gros blocage au dos
Les recommandations restent sensiblement les mêmes au départ.
La première approche est toujours conservatrice.
Par exemple
• traitements chiropratiques
• exercices adaptés
• éducation
• retour progressif au mouvement
Si jamais la situation s’aggrave, si des symptômes neurologiques apparaissent, là on peut envisager des références vers le médecin ou le chirurgien pour explorer d’autres options.
Mais la grande majorité des hernies se règlent sans
• chirurgie
• injection
• intervention invasive
Il existe même des études qui montrent que, même sans rien faire, plusieurs hernies s’améliorent avec le temps. La différence, c’est la vitesse de récupération et la qualité de vie pendant ce processus.
Le message important
Ton dos n’est pas fragile.
Ton corps n’est pas brisé.
Une hernie n’est pas une condamnation.
Ce qui aide vraiment
• compréhension
• autonomie
• pensée objective
• retour progressif au mouvement
La peur est souvent pire que la blessure elle-même.
Conclusion
Croire que douleur au dos égale hernie est un mythe extrêmement répandu. La majorité des maux de dos sont musculaires, articulaires ou liés à une surcharge mécanique, pas à un disque.
Comprendre ça te redonne du pouvoir.
Moins de peur.
Plus de contrôle.
Meilleure récupération.
Besoin d’aide
Si tu as des questions,
nous offrons de la vidéoconférence partout dans le monde.
Sinon, tu peux aussi venir consulter directement à la clinique sur la Rive-Sud de Montréal, à Sainte-Julie.



Commentaires