Pourquoi trouve-t-on autant d’arthrose chez des personnes sans douleur?
- il y a 16 heures
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Pourquoi trouve-t-on autant d’arthrose chez des personnes sans douleur?
Pendant longtemps, les médecins rêvaient de voir l’intérieur du corps humain.
Aujourd’hui, ce rêve est devenu réalité.
Grâce aux radiographies, aux tomodensitométries et aux IRM, nous pouvons observer les articulations, les disques, les os et les tissus avec une précision qui aurait semblé inimaginable il y a seulement quelques générations.
Mais cette capacité extraordinaire a créé un nouveau défi.
Plus nous regardons attentivement, plus nous découvrons d’anomalies.
Et plus nous découvrons d’anomalies, plus une question devient importante :
Ces découvertes sont-elles réellement responsables des symptômes?
L’arthrose illustre parfaitement ce problème.
Arthrose sans douleur: Une découverte qui surprend les chercheurs
Lorsqu’on réalise des radiographies ou des IRM chez des personnes qui n’ont aucune douleur, les résultats sont souvent surprenants.
On retrouve régulièrement :
de l’arthrose;
des signes de dégénérescence;
des hernies discales;
des bombements discaux;
différentes irrégularités anatomiques.
Autrement dit, plusieurs anomalies que nous associons habituellement à la douleur sont également présentes chez des individus qui se sentent parfaitement bien.
Cette observation remet en question une croyance profondément ancrée :
L’idée que toute anomalie trouvée sur une image explique automatiquement la douleur.
Arthrose sans douleur: Le vieillissement n’est pas une maladie
L’une des raisons pour lesquelles cette situation est difficile à comprendre est que nous avons tendance à considérer toute modification observée sur une image comme un problème.
Pourtant, le corps humain change tout au long de la vie.
Nos cheveux blanchissent.
Notre peau se transforme.
Notre vision évolue.
Et nos articulations vieillissent elles aussi.
L’arthrose fait souvent partie de ce processus normal. Arthrose sans douleur
Sa présence ne signifie pas automatiquement qu’une articulation est défaillante.
Elle ne signifie pas automatiquement qu’une personne va souffrir.
Elle ne signifie pas automatiquement qu’une intervention est nécessaire.
Quand trouver quelque chose ne signifie pas comprendre sa signification
Imaginez deux personnes du même âge.
La première souffre de douleurs importantes au dos.
La seconde ne présente aucun symptôme.
Les deux passent une IRM.
Les deux présentent de l’arthrose.
Si l’arthrose expliquait automatiquement la douleur, les deux personnes devraient souffrir de façon similaire.
Pourtant, ce n’est pas ce que nous observons.
Cette réalité nous rappelle une distinction fondamentale :
Trouver une anomalie n’est pas la même chose que comprendre son importance.
Une image nous montre ce qui est présent.
Elle ne nous dit pas toujours ce qui est responsable des symptômes.
Le problème des découvertes accidentelles
La médecine moderne est devenue extrêmement performante pour détecter des anomalies.
Parfois même trop performante.
Les médecins utilisent le terme « découverte accidentelle » pour décrire une anomalie trouvée alors qu’on cherchait autre chose.
Dans certains cas, ces découvertes peuvent sauver des vies.
Dans d’autres, elles peuvent entraîner davantage d’inquiétudes que de bénéfices.
Une petite anomalie est découverte.
Puis un autre examen est demandé.
Puis une autre consultation.
Puis une autre investigation.
Puis une autre inquiétude.
C’est ce que plusieurs chercheurs appellent une cascade médicale.
Le problème n’est pas que la découverte soit fausse.
Le problème est que son importance clinique n’est pas toujours claire.
Le surdiagnostic : un défi moderne
Pendant la majeure partie de l’histoire humaine, la médecine souffrait d’un manque d’information.
Aujourd’hui, nous devons parfois apprendre à gérer l’excès d’information.
Le surdiagnostic survient lorsqu’une anomalie réelle est identifiée, mais que cette découverte n’aurait jamais causé de symptômes, de souffrance ou de complications significatives.
La découverte est réelle.
Mais son impact sur la santé a été surestimé.
L’arthrose est l’un des exemples les plus fréquemment discutés lorsqu’on aborde cette question.
Parce qu’elle est extrêmement fréquente.
Parce qu’elle augmente avec l’âge.
Et parce qu’elle est souvent retrouvée chez des personnes qui vont très bien.
Plus on trouve tôt, mieux c’est?
Cette phrase semble intuitive.
Et pour certaines maladies, elle est absolument vraie.
Mais lorsqu’on découvre une anomalie chez une personne qui ne présente aucun symptôme ou lorsqu’on multiplie les examens pour expliquer des douleurs non spécifiques, la question devient plus complexe.
Le fardeau de la preuve devrait reposer sur une démonstration simple :
Le fait de trouver cette anomalie améliore-t-il réellement la santé du patient?
Améliore-t-il sa qualité de vie?
Réduit-il sa souffrance?
Modifie-t-il favorablement son avenir?
Parce qu’il ne suffit pas de montrer qu’une anomalie existe.
Il faut démontrer que le fait de la trouver apporte un bénéfice réel.
Pourquoi ce sujet est au cœur de La santé soignée par accident
C’est précisément cette question qui m’a poussé à écrire La santé soignée par accident.
Dans le premier chapitre, j’explore l’évolution du diagnostic médical à travers l’histoire et la façon dont les progrès technologiques ont transformé notre capacité à observer le corps humain.
J’explore également comment ces avancées extraordinaires ont parfois créé un nouveau défi :
Distinguer ce qui est important de ce qui ne l’est pas.
Si vous souhaitez approfondir ce sujet, je vous invite également à regarder ma vidéo sur l’histoire du diagnostic médical, le surdiagnostic et les découvertes accidentelles.
Parce qu’au final, le véritable défi n’est pas de trouver le plus grand nombre d’anomalies possible.
Le véritable défi est de savoir lesquelles ont réellement de l’importance.
Vous vivez avec une douleur chronique?
Si vous avez reçu plusieurs diagnostics, passé de nombreuses IRM ou radiographies et que vous avez encore l’impression de ne pas comprendre pourquoi vous avez mal, une consultation en vidéoconférence pourrait vous aider à y voir plus clair.
L’objectif est de vous aider à mieux comprendre vos résultats d’imagerie, les diagnostics qui vous ont été donnés et les différentes options qui s’offrent à vous.
Parce qu’avant de chercher davantage, il est parfois utile de comprendre ce qui a déjà été trouvé.




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