L’arthrose est-elle vraiment la cause de votre douleur?
- 3 juil.
- 4 min de lecture
Lorsqu’une personne développe une douleur au dos, au cou, au genou ou à la hanche, il y a de fortes chances qu’elle finisse par entendre le même mot :
Arthrose.
Pour plusieurs personnes, ce diagnostic semble immédiatement expliquer la situation.
Après tout, si une radiographie ou une IRM montre de l’arthrose, il paraît logique de croire que cette arthrose est responsable de la douleur.
Le problème, c’est que la réalité est beaucoup plus complexe.
Depuis plusieurs décennies, les chercheurs découvrent constamment quelque chose de fascinant :
Une quantité importante de personnes présentent de l’arthrose sans ressentir la moindre douleur.
Autrement dit, il est possible d’avoir de l’arthrose sans souffrir.
Et il est également possible de souffrir sans que l’arthrose soit nécessairement la principale explication.
Qu’est-ce que l’arthrose exactement?
L’arthrose fait partie du vieillissement normal des articulations et avec le temps, les structures du corps changent.
Nos cheveux blanchissent.
Notre peau évolue.
Notre vision change.
Et nos articulations vieillissent elles aussi.
Ces changements peuvent être visibles sur les radiographies et les IRM.
Ils deviennent généralement plus fréquents avec l’âge.
Le simple fait de retrouver de l’arthrose sur une image ne signifie donc pas automatiquement qu’il existe un problème grave.
Dans bien des cas, il s’agit simplement d’une caractéristique normale du vieillissement humain.
Pourquoi retrouve-t-on autant d’arthrose chez des personnes sans douleur?
C’est probablement la question la plus importante.
Lorsque les chercheurs réalisent des examens d’imagerie chez des personnes qui ne présentent aucun symptôme, ils retrouvent régulièrement :
de l’arthrose;
des hernies discales;
des bombements discaux;
des signes de dégénérescence;
diverses anomalies anatomiques.
Ces découvertes sont si fréquentes qu’elles devraient nous amener à nous poser une question fondamentale :
La présence d’une anomalie est-elle une preuve qu’elle explique la douleur?
La réponse est souvent non.
Une anomalie peut être présente sans être problématique.
Comme les rides sur la peau.
Comme les cheveux gris.
Comme plusieurs autres changements biologiques associés au vieillissement.
Le problème des images médicales
Les examens d’imagerie sont extraordinaires.
Ils nous permettent de voir l’intérieur du corps avec une précision incroyable.
Mais ils possèdent une limite importante :
Ils montrent ce qui est présent.
Ils ne montrent pas automatiquement ce qui fait mal.
Cette distinction est fondamentale.
Une radiographie peut montrer de l’arthrose.
Une IRM peut montrer de l’arthrose.
Mais aucun examen ne peut confirmer à lui seul que cette arthrose est responsable de la douleur vécue par une personne.
Pour répondre à cette question, il faut considérer l’ensemble du portrait clinique.
Les symptômes.
L’histoire de la douleur.
L’examen physique.
L’évolution dans le temps.
Les habitudes de vie.
Le niveau d’activité physique.
Les facteurs psychologiques.
Les facteurs environnementaux.
L’image n’est qu’une pièce du casse-tête.
Quand le diagnostic devient plus lourd que la
condition
L’un des effets les plus sous-estimés des diagnostics d’arthrose est leur impact psychologique.
Lorsqu’une personne entend :
« Votre genou est usé. »
« Votre colonne est dégénérée. »
« Votre cou est très arthrosique. »
Elle développe souvent une vision beaucoup plus pessimiste de son avenir.
Elle bouge moins.
Elle s’entraîne moins.
Elle devient plus prudente.
Elle évite certains mouvements.
Elle commence parfois à percevoir son corps comme étant fragile.
Pourtant, plusieurs personnes présentant une arthrose importante continuent de marcher, courir, travailler, voyager et s’entraîner normalement.
Ce n’est donc pas la présence d’arthrose qui détermine automatiquement le niveau de fonction d’une personne.
L’arthrose n’est pas une condamnation
L’une des erreurs les plus fréquentes consiste à croire que l’arthrose est une condition qui entraîne inévitablement une détérioration progressive et une perte de qualité de vie.
Heureusement, ce n’est pas ce que nous observons chez la majorité des gens.
Le mouvement demeure l’un des meilleurs outils pour préserver la fonction.
L’activité physique demeure l’un des meilleurs investissements pour la santé des articulations.
Le maintien des activités quotidiennes demeure l’un des meilleurs moyens de conserver son autonomie.
L’objectif n’est pas d’éviter le mouvement.
L’objectif est d’apprendre à bouger malgré certaines sensibilités normales de la vie.
Pourquoi ce sujet est au cœur de La santé soignée par accident
Pendant longtemps, la médecine a cherché à voir toujours plus loin à l’intérieur du corps.
Et cette capacité a permis des avancées extraordinaires.
Mais elle a également créé un nouveau défi.
Nous découvrons aujourd’hui énormément d’anomalies dont nous ne comprenons pas toujours l’importance réelle.
C’est précisément ce que j’explore dans ma vidéo sur l’histoire du diagnostic médical ainsi que dans mon livre La santé soignée par accident
.
Parce que le véritable défi n’est pas seulement de trouver des anomalies. Le véritable défi est de comprendre lesquelles ont réellement de l’importance.
Vous vivez avec une douleur chronique?
Si vous avez reçu un diagnostic d’arthrose, si vous avez passé plusieurs examens d’imagerie ou si vous ne comprenez plus les informations contradictoires que vous recevez depuis plusieurs années, une consultation en vidéoconférence pourrait vous aider à y voir plus clair.
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