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Douleur au dos, IRM normale : pourquoi ai-je mal au dos même si mon IRM et ma radiographie sont normales ?

  • 24 avr.
  • 20 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 2 jours

Avoir très mal au dos, avoir de la difficulté à se pencher, à se lever, à tourner dans le lit ou même à sortir de la voiture, puis se faire dire que la radio ou l’IRM ne montrent rien d’inquiétant, c’est une situation extrêmement fréquente. Pourtant, quand on la vit, c’est déstabilisant. Beaucoup de personnes se disent que si la douleur est aussi forte, il doit forcément y avoir quelque chose de déplacé, de coincé, d’inflammé ou d’abîmé.


C’est justement là que plusieurs tombent dans le piège.



La grosse douleur au dos ne veut pas automatiquement dire qu’il y a une grosse blessure. En réalité, la majorité des épisodes de douleur au dos sont ce qu’on appelle des douleurs non spécifiques. Cela veut dire que la douleur est bien réelle, parfois très intense, parfois franchement incapacitante, mais qu’elle n’est pas expliquée par une fracture, une tumeur, une infection, une hernie discale envahissante avec atteinte neurologique ou une autre condition grave qu’on verrait clairement à l’imagerie.


Autrement dit, il est tout à fait possible d’avoir très mal au dos avec des images médicales presque banales, voire complètement normales.


Et ce point est fondamental, parce qu’une fois qu’on le comprend, on réalise souvent une chose importante : ce qu’on fait présentement pour essayer de se protéger est parfois exactement ce qui entretient la douleur plus longtemps.


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La santé soignée par accident: Hernies discales et douleur au dos (lombaire)

Douleur au dos, IRM normale : même si vous avez très mal au dos ? 😕



Une des premières choses à comprendre, c’est que l’IRM n’est pas un détecteur universel de douleur. Une IRM n’est pas conçue pour mesurer l’intensité de votre souffrance. Elle ne peut pas montrer à quel point une région est sensible, à quel point votre cerveau protège agressivement votre dos, ni à quel point certains mouvements vous font peur ou vous crispent.


L’IRM sert surtout à chercher certaines lésions plus sérieuses ou plus envahissantes. Par exemple, une hernie discale qui comprime un nerf de manière importante, une fracture, une infection, une atteinte inflammatoire particulière ou une autre structure qui prend de la place là où elle ne devrait pas et qui change la prise en charge médicale.


C’est pour cette raison qu’en clinique, une grosse douleur au dos seule n’est généralement pas suffisante pour justifier une IRM. Pour qu’une IRM soit réellement utile, il faut souvent qu’il y ait d’autres signes plus importants que la douleur elle même, comme une perte de force dans une jambe, une perte de réflexe, une perte de sensation ou des signes neurologiques qui orientent vers un problème plus sérieux.


Dans la vraie vie, plusieurs patients reçoivent quand même de l’imagerie alors que ce n’était pas toujours nécessaire. Parfois, c’est parce qu’ils sont très inquiets. Parfois, c’est parce que le contexte pousse le médecin à vouloir rassurer rapidement. Parfois aussi, c’est une forme de médecine défensive.


Petit paragraphe caché à développer au besoin : qu’est ce que la médecine défensive

La médecine défensive, c’est lorsqu’un professionnel demande plus de tests, plus d’imagerie ou plus d’investigations que nécessaire surtout pour se protéger d’un risque médico légal, pour réduire l’incertitude rapidement ou parce que le contexte clinique ne permet pas toujours une évaluation aussi approfondie qu’on le souhaiterait. À court terme, ça peut sembler rassurant. À long terme, ça peut surcharger le système de santé, retarder l’accès aux patients qui ont réellement besoin d’imagerie urgente et surtout favoriser le surdiagnostic. Le surdiagnostic, c’est quand on découvre des anomalies banales ou anciennes qu’on finit par traiter comme si elles expliquaient forcément la douleur actuelle, alors qu’on aurait probablement vu la même chose chez cette personne quelques mois plus tôt, à un moment où elle n’avait pas mal.



Douleur au dos sans cause visible : oui, c’est possible


Beaucoup de gens ont du mal à accepter cette idée parce qu’ils pensent qu’une douleur intense doit nécessairement venir d’un dommage visible. Pourtant, en douleur au dos, ce n’est pas comme ça que ça fonctionne la majorité du temps.


Oui, il est possible d’avoir mal au dos sans cause grave visible à la radio ou à l’IRM.


La majorité des épisodes de douleur au dos sont non spécifiques. Ça veut dire qu’on ne trouve pas une cause unique, spectaculaire, claire et inquiétante pour expliquer l’intensité du symptôme. La douleur peut apparaître après un faux mouvement, après une période de stress, après une semaine de fatigue, après un retour trop intense à l’entraînement, après plus de travail physique que d’habitude, après une période de sédentarité ou après une accumulation de plusieurs facteurs à la fois.


Parfois, le patient se penche pour ramasser un objet léger et le dos bloque. Parfois, il se tourne dans son lit et reçoit un coup de poignard. Parfois, il se lève du divan et tout se crispe. Ce type de mouvement est souvent perçu comme la cause directe. En réalité, ce mouvement est souvent juste la goutte qui fait déborder le vase.

« Le problème, c’est rarement le simple geste en lui même. Le problème, c’est souvent que la région était déjà devenue plus sensible, plus fatiguée, plus surchargée, plus protégée » - Dr. Julien Boisvert, chiropraticien

Est ce normal d’avoir mal au dos même si la radio est bonne ?

Oui, complètement.


C’est même extrêmement fréquent, surtout chez les personnes plus jeunes. Avant trente ans, il est très possible d’avoir de grosses douleurs au dos avec des radiographies normales. En fait, c’est souvent ce à quoi on s’attend.


Une radiographie du dos est surtout utile pour voir certaines choses précises, comme une fracture après un traumatisme important, certaines anomalies osseuses marquées ou des signes compatibles avec certains processus inflammatoires particuliers. Mais une radiographie ne montre pas la douleur. Elle ne montre pas l’hypersensibilité. Elle ne montre pas la peur du mouvement. Elle ne montre pas la crispation musculaire protectrice. Elle ne montre pas la perte de tolérance d’une région devenue trop sensible.


C’est pourquoi une personne peut avoir l’impression qu’on lui plante un couteau dans le bas du dos en se levant, alors que ses radiographies sont rassurantes.


Et non, ça ne veut pas dire que c’est dans sa tête. Ça veut juste dire que la douleur ne se résume pas à ce que l’on voit sur une image

Pourquoi mon médecin me dit que tout est normal, mais j’ai mal ?

Cette phrase là choque souvent les patients. Quand on a très mal, entendre que tout est normal peut donner l’impression de ne pas être pris au sérieux. Pourtant, la plupart du temps, ce n’est pas ce que le médecin essaie de dire.


Quand un médecin dit que tout est normal, il veut souvent dire quelque chose de très précis : il n’y a pas de signe inquiétant d’une maladie grave, d’une fracture importante, d’un nerf sévèrement atteint ou d’une condition qui exige une prise en charge urgente.


Dans un système de santé public, l’objectif premier est souvent de distinguer ce qui est grave de ce qui ne l’est pas. Si la situation ne suggère pas d’urgence, plusieurs patients vont se faire dire qu’il n’y a rien d’inquiétant, même s’ils ont très mal. Ce décalage entre l’intensité de la douleur et le caractère rassurant du bilan crée souvent de la frustration.


Mais dans la majorité des cas, une grosse douleur au bas du dos qui n’inquiète pas le médecin n’est pas une erreur d’interprétation. C’est simplement que la douleur au dos sévère sans signe neurologique ou sans drapeau rouge est extrêmement fréquente, et que la majorité de ces épisodes se situent dans le spectre des douleurs non spécifiques.

Toutes les douleurs au dos sont elles visibles à l’imagerie ?

Non.


C’est impossible de voir une douleur sur une image. Ce qu’on peut voir, ce sont des structures, des changements anatomiques, certaines lésions, certains facteurs de risque. Mais la douleur elle même ne s’imprime pas sur une radio ou une IRM.


On peut voir de l’arthrose, des bombements discaux, une hernie, une dégénérescence discale. Ces éléments peuvent parfois être pertinents. Mais ils ne sont pas automatiquement la cause de la douleur. Beaucoup de gens vivent avec des images impressionnantes et n’ont pas mal. D’autres ont des images presque banales et souffrent depuis longtemps.


C’est une réalité fondamentale en santé musculosquelettique : la présence d’une anomalie à l’imagerie n’est pas l’équivalent d’une explication parfaite de la douleur.


Voilà pourquoi il faut faire attention à ne pas confondre image et diagnostic, structure et souffrance, facteur de risque et cause directe.

À quoi sert vraiment une IRM du dos ?

L’IRM du dos sert surtout à repérer des lésions envahissantes du rachis ou des conditions qui changent réellement la prise en charge. Autrement dit, elle est particulièrement utile lorsqu’on soupçonne qu’une structure prend de la place à un endroit où elle ne le devrait pas et qu’elle affecte une autre structure, comme un nerf ou parfois la moelle épinière.


Par exemple, une hernie discale avec vrai déficit neurologique, une fracture avec conséquences, certaines infections, certaines atteintes inflammatoires sévères ou d’autres conditions moins fréquentes.


Ce n’est pas l’outil idéal pour expliquer une grosse douleur au dos isolée sans autre signe inquiétant. C’est là que beaucoup de gens sont déçus. Ils passent une IRM en espérant y trouver la raison exacte de leur douleur, puis reçoivent un rapport banal ou rassurant. En réalité, ce n’est pas que l’IRM a échoué. C’est souvent qu’elle n’était pas conçue pour répondre à cette question là.

Pourquoi certaines personnes ont des hernies sans douleur ?

Parce que la présence d’une hernie n’est pas synonyme de douleur automatique.


À partir d’un certain âge, les changements discaux et les hernies deviennent fréquents. Beaucoup de gens ont des hernies, des bombements discaux ou de la dégénérescence discale sans le savoir, simplement parce qu’ils n’ont pas mal.


Ces changements sont souvent mieux compris comme des facteurs de risque que comme des condamnations. Ils peuvent augmenter la probabilité d’avoir des douleurs à un moment de la vie, mais ils ne garantissent rien à eux seuls.


C’est le même principe que pour l’arthrose. On peut en voir beaucoup à l’imagerie chez quelqu’un qui fonctionne très bien, et très peu chez quelqu’un qui souffre énormément.


Le danger, c’est de faire du surdiagnostic. On passe une IRM pour une grosse douleur non spécifique, on découvre une hernie qui était peut être là depuis longtemps, puis on attribue automatiquement toute la souffrance du moment à cette découverte. On alourdit alors inutilement le bagage médical du patient, on nourrit la peur et on diminue l’autonomie.


C’est quoi une douleur non spécifique du dos


Une douleur non spécifique du dos, c’est une douleur réelle, parfois intense, parfois incapacitante, qui n’est pas attribuée à une pathologie grave précise ou à une lésion envahissante clairement identifiable.


En clair, cela veut dire que le dos fait mal, mais que la douleur n’est pas expliquée par une fracture, un cancer, une infection, une compression nerveuse majeure ou une autre atteinte sévère.


Ce n’est pas un diagnostic vide. Ce n’est pas une façon d’admettre qu’on ne comprend rien. C’est au contraire une façon honnête et moderne de reconnaître que la majorité des douleurs au dos résultent d’une combinaison complexe de facteurs mécaniques, physiques, neurologiques, psychologiques et comportementaux.


Une douleur non spécifique peut venir d’une surcharge locale sur une capsule articulaire, un disque, un tendon, un muscle, une articulation ou plusieurs composantes à la fois. Mais ce n’est pas parce qu’une structure devient irritable qu’elle est nécessairement blessée, déchirée ou déplacée.


Pourquoi une structure normale peut être douloureuse (non-spécifique) ?

C’est une des questions les plus importantes pour comprendre le mal de dos.


Une structure n’a pas besoin d’être brisée pour être douloureuse. Elle a seulement besoin d’être surchargée ou sensibilisée.


Les tissus du dos ont une capacité d’adaptation. Ils tolèrent un certain niveau de mouvement, d’effort, de compression, d’étirement et de charge. Mais si on en fait trop par rapport à notre niveau habituel, ou au contraire si on ne bouge plus assez depuis un moment, la région peut perdre en tolérance. Ajoutez à ça le stress, la fatigue, l’anxiété, la sédentarité, un sommeil moins bon ou une période plus intense de la vie, et le corps peut se mettre à protéger la zone beaucoup plus agressivement.


Cette protection se manifeste par de la douleur, des spasmes musculaires, de la raideur, de la peur de bouger et parfois une impression que le dos va lâcher.


Le point clé ici est le suivant : une douleur à douze sur dix ne veut pas obligatoirement dire qu’il y a un dommage majeur. Le corps peut envoyer un signal de protection très fort bien avant qu’il y ait un réel bris physique.

Est ce que douleur veut toujours dire blessure ?

Non.


La majorité des douleurs au dos ne sont pas des blessures au sens où les gens l’imaginent. Elles ne viennent pas forcément d’un tissu déchiré, d’une vertèbre déplacée ou d’un disque qui aurait sauté.


Beaucoup d’épisodes commencent après ce que les gens appellent un faux mouvement. Mais ce terme est révélateur : si c’était vraiment un mouvement capable de nous blesser gravement à lui seul, on ne l’appellerait pas un faux mouvement. On parlerait plutôt d’un vrai traumatisme.


Un faux mouvement peut irriter, surprendre, étirer ou sensibiliser une région déjà vulnérable. Mais, dans la majorité des cas, ce n’est pas une blessure sérieuse.


Pour avoir une vraie blessure structurelle importante du dos, il faut généralement un contexte plus violent, plus agressif ou plus traumatique.

Est ce qu’une vertèbre déplacée peut expliquer ma douleur au dos ?

Non.


Le concept de vertèbre déplacée est un mythe très répandu dans le discours populaire. Il est souvent utilisé pour tenter d’expliquer maladroitement une grosse douleur au dos. Le problème, c’est que cette explication paraît logique sur le coup, mais elle fait beaucoup de dégâts à long terme.


Quand on dit à quelqu’un que sa vertèbre est déplacée, on lui laisse croire que son dos est mécaniquement défaillant, fragile et dépendant d’un thérapeute qui devra la replacer. Cela amplifie le sentiment de gravité, nourrit les pensées catastrophiques et enlève énormément d’autonomie.


Si la douleur diminue après un traitement, la personne pense que la vertèbre a été remise en place. Puis, quand la douleur revient des semaines ou des mois plus tard, elle croit que la vertèbre s’est encore déplacée. On entre alors dans un cercle où la compréhension de la douleur devient de plus en plus mauvaise, la peur augmente et la dépendance aux soins passifs s’installe.


Ce type d’explication peut parfois rassurer à court terme, mais il nuit souvent à long terme au portefeuille, à l’autonomie et à la capacité du patient de reprendre confiance dans son corps.

Est ce que mon disque est coincé ?

Dans l’imaginaire collectif, beaucoup de douleurs au dos sont attribuées à un disque coincé. Pourtant, cette expression est souvent utilisée de façon très floue.


Pour qu’un disque soit réellement le centre d’un problème sérieux, il faut qu’il agisse comme une lésion envahissante, c’est à dire qu’il prenne de la place là où il ne le devrait pas et qu’il coince quelque chose, typiquement un nerf.


Or, quand un nerf est réellement comprimé de façon significative, cela affecte sa fonction. On ne parle pas seulement de douleur. On parle surtout de perte de force, de perte de réflexe, de perte de sensation, parfois de douleur qui descend dans une jambe selon un trajet nerveux plus clair.


Sans déficit neurologique, même avec une grosse douleur au dos, on ne peut pas résumer la situation à un disque coincé.


Oui, un disque peut être sensible comme d’autres structures du dos. Oui, il peut faire partie du portrait global. Mais non, une grosse douleur au dos sans atteinte neurologique n’est pas automatiquement la preuve qu’un disque vous coince quelque chose.

Est ce que c’est de l’inflammation cachée dans mon dos ?

Dans la très grande majorité des épisodes de douleur au dos non spécifiques, non.


Le mot inflammation est souvent utilisé à tort pour expliquer toute douleur. Pourtant, pour parler d’inflammation au sens d’une vraie réponse inflammatoire importante, il faut généralement plus qu’un simple faux mouvement. Il faut souvent une blessure, une agression tissulaire, un traumatisme ou une autre condition bien particulière.


Quand il y a une inflammation importante, on s’attend à certains signes comme de la chaleur, de la rougeur, de l’enflure ou un contexte clinique qui colle davantage à une vraie réaction inflammatoire. La plupart des patients avec une grosse douleur au bas du dos n’ont pas ce tableau là.


Ils ont plutôt une région raide, crispée, douloureuse, avec des spasmes musculaires protecteurs qui donnent parfois l’impression que tout est enflé ou coincé. Mais ce sont souvent des mécanismes de protection, pas nécessairement une inflammation cachée.



Est ce que je peux empirer ma condition en bougeant


La réponse la plus honnête est oui et non.


Oui, dans certains cas, si vous forcez complètement à travers une douleur en panique, sans repère, sans dosage et avec beaucoup de peur, vous pouvez entretenir les symptômes. Mais non, bouger n’use pas votre dos et bouger n’est pas, en soi, la recette du désastre.


En réalité, ce qui devient souvent problématique, c’est la combinaison entre la douleur et l’interprétation catastrophique de la douleur. Si vous bougez en pensant que vous êtes en train de vous briser davantage, votre cerveau devient encore plus vigilant. La région se crispe, les mouvements deviennent plus menaçants, et la douleur peut prendre encore plus de place.


À l’inverse, lorsqu’on recommence à bouger graduellement avec une compréhension claire de la situation, en restant dans une zone de confort inconfort tolérable, avec objectivité, le mouvement devient un des meilleurs outils de récupération.


Le dos ne se guérit pas mieux dans la sédentarité. Attendre que tout passe sans bouger est rarement une bonne stratégie! Si vous ressentez des peurs, des craintes ou de l’incertitude face à votre douleur, n’hésitez pas à consulter avec nous en vidéoconférence. Cela vous permettra de mieux comprendre votre condition et de retrouver une approche objective, positive et autonome. Ce sont des éléments essentiels pour favoriser un soulagement plus rapide de la douleur.


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Pourquoi j’ai mal au dos quand je me penche ?

Parce que se pencher mobilise intensément la région lombaire et le bassin.


Quand on se penche vers l’avant, plusieurs composantes du bas du dos sont étirées, comprimées ou mises en tension. Si la région est devenue sensible, si des spasmes musculaires protecteurs sont présents ou si le cerveau protège agressivement cette zone, le simple fait de se pencher peut provoquer un élancement très fort.


Ce n’est pas automatiquement le signe qu’un disque est sorti ou qu’une vertèbre s’est déplacée. C’est souvent le signe qu’une région déjà irritée n’aime pas cette mise en tension pour le moment.


La douleur à la flexion est fréquente. La douleur à l’extension aussi. Quand le dos est très sensible, les deux directions peuvent devenir inconfortables.

Pourquoi se lever ou changer de position fait mal ?

On appelle cela des mouvements de transition. On passe d’une position à une autre, par exemple de couché à assis, de assis à debout, de debout à penché ou de penché à redressé.


Ces mouvements demandent au tronc de se réorganiser rapidement. Si la région lombaire est douloureuse, si les muscles sont en spasme ou si le corps essaie de stabiliser la zone à tout prix, la transition devient un moment critique. C’est souvent là que les gens sentent un coup de poignard, une décharge ou une impression que ça bloque.


Une stratégie simple peut parfois aider : avant de changer de position, prendre une inspiration, engager les abdominaux, stabiliser le tronc puis effectuer le mouvement plus calmement. Cela ne règle pas tout, mais peut aider à diminuer l’impression d’instabilité ou d’étirement brutal.

Pourquoi la douleur est pire le matin ou après être resté assis ?

Parce que la sédentarité n’est pas l’alliée d’un dos déjà sensibilisé.


Quand on reste longtemps immobile, surtout assis, certaines structures sont maintenues dans des positions de compression ou de tension prolongées. Le corps réagit parfois en augmentant la protection locale. Les muscles se contractent, la région devient plus raide et le retour au mouvement est plus brutal.


Le matin, après une nuit où on a moins bougé, le même phénomène peut se produire. La région n’a pas nécessairement été blessée pendant la nuit, mais elle peut être plus raide, plus protégée, plus sensible au réveil.


C’est pour cela que certaines positions assises deviennent insupportables plus vite que d’autres, et que certaines personnes trouvent plus de soulagement couchées qu’assises. Le but n’est pas de ne jamais se reposer. Le but est de comprendre que des périodes d’immobilité prolongée entretiennent souvent la sensibilité.

Est ce que bouger use mon dos ?

Non.


Cette idée est l’un des grands pièges qui entretiennent la douleur au dos. Penser que chaque mouvement use la colonne, que le fait de rester actif abîme davantage le dos ou que la douleur est la preuve qu’on détériore une structure crée ce qu’on appelle des drapeaux jaunes psychologiques.


Ces drapeaux jaunes sont des pensées, des croyances et des comportements qui augmentent le risque que la douleur dure plus longtemps. Ils favorisent la peur du mouvement, la perte d’autonomie, la réduction d’activité et la chronicisation.


En douleur aiguë, cela peut faire durer l’épisode inutilement. En douleur chronique, c’est encore pire, parce que ces croyances finissent par modifier durablement la relation de la personne avec son dos, son corps et l’activité physique.



Est ce qu’il y a un lien entre les émotions et la douleur au dos physique ?


Oui, absolument.


Le stress, l’anxiété, la fatigue, la dépression, une séparation, un deuil, un choc émotionnel, une période de pression intense, tout cela influence la capacité du cerveau à moduler la douleur.


Plus le cerveau est chargé, plus il devient susceptible de basculer dans l’hypervigilance. Il scrute davantage les sensations corporelles, tolère moins bien les tensions et déclenche plus facilement des mécanismes protecteurs.


Cela ne veut pas dire que la douleur est imaginaire. Cela veut dire qu’elle est influencée par le contexte global de la personne. La douleur est biopsychosociale. Il y a des composantes biologiques, des composantes psychologiques et des composantes liées au mode de vie et à l’environnement.


Est ce que le stress peut causer de la douleur au dos ?

Oui.


Le stress fait partie des facteurs de risque importants. Il ne crée pas nécessairement à lui seul un épisode de douleur, mais il peut rendre une région beaucoup plus facile à sensibiliser.


Un cerveau stressé est plus vigilant. Il tolère moins bien les inconforts. Il protège plus vite. Il amplifie plus rapidement les signaux. Il peut transformer une tension banale ou une surcharge modérée en un gros épisode de douleur.


Voilà pourquoi certaines personnes se bloquent après une journée qui, objectivement, n’avait rien d’extraordinaire sur le plan physique, mais qui arrivait dans un contexte de fatigue, de surcharge mentale, de pression professionnelle ou de conflit personnel.

Est ce que le manque de sommeil influence la douleur lombaire ?

Oui.


Le sommeil est un acteur majeur de la récupération physique et de la régulation du système nerveux. Un cerveau fatigué gère moins bien l’inconfort, reste moins objectif et devient plus irritable face à la douleur.


Quand on dort mal, on bouge souvent moins, on récupère moins bien, on tolère moins bien les stress de la journée et on devient plus sensible aux sensations physiques. La douleur peut alors sembler plus intense, plus envahissante et plus inquiétante.


Un mauvais sommeil n’est pas toujours la cause initiale de l’épisode, mais il est très souvent un facteur qui contribue à le faire durer plus longtemps.


Quand la douleur au dos devient elle inquiétante ?



La douleur au dos (thoracique, lombaire ou sacro-iliaque) devient inquiétante quand il y a autre chose de plus important que la douleur elle même.


Par exemple, des pertes de force dans les jambes, des pertes de sensation, une perte de réflexe, une anesthésie de la région de l’entrejambe, une perte de contrôle urinaire ou fécal, une douleur complètement incontrôlable par la position ou le mouvement, une douleur nocturne qui ne change pas peu importe comment on se place, ou une douleur dont l’intensité semble guidée uniquement par le temps et non par les actions.


« Un bon repère clinique consiste à se demander : est ce que mes mouvements influencent mes symptômes ? Est ce qu’il y a des positions meilleures que d’autres ? Est ce que mes gestes dans la journée changent l’intensité ? » - Dr. Julien Boisvert, chiropraticien

Si la réponse est oui, c’est souvent plus rassurant. Si rien ne module la douleur, si aucune position n’aide, si la douleur s’impose comme un mal de dents dans le dos, continuellement, et que le temps est le principal facteur qui l’aggrave, il faut consulter rapidement.


Qu’est ce que le syndrome de la queue de cheval (Urgence médicale) ?

Le syndrome de la queue de cheval est une urgence médicale rare, mais importante à connaître. Il survient lorsqu’il y a une atteinte sévère des nerfs situés tout en bas de la colonne vertébrale. Les signes d’alerte incluent une perte de sensation dans la région de l’entrejambe, une faiblesse importante dans les jambes, une perte de contrôle de la vessie ou des intestins et une détérioration neurologique rapide. Si ces signes apparaissent, il faut consulter en urgence.

Est ce que je dois m’inquiéter si ça dure longtemps ?

Oui et non.


Oui, dans le sens où une douleur qui persiste mérite qu’on s’y intéresse sérieusement, surtout si elle vous fait perdre confiance, vous empêche de vivre normalement ou vous fait tomber dans des pensées de plus en plus négatives. Non, dans le sens où la persistance ne veut pas automatiquement dire qu’il y a quelque chose de grave qui a été manqué.


Plus une douleur dure, plus il devient important de consulter un professionnel qualifié capable de faire un bon triage, de poser un diagnostic musculosquelettique sérieux, de répondre à vos questions, de clarifier vos inquiétudes et de vous redonner des outils.


Comprendre sa douleur change beaucoup de choses. Un patient qui comprend ce qui se passe, qui sait ce qui est inquiétant et ce qui ne l’est pas, qui retrouve un sentiment de contrôle et qui sait comment bouger graduellement a souvent un pronostic nettement meilleur qu’un patient qui reste dans l’incertitude, la peur et l’évitement.


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Comment reprendre le contrôle d'une grosse douleur au dos quand l’imagerie est normale ?



La première étape, c’est de comprendre que normal à l’imagerie ne veut pas dire que vous n’avez rien. Ça veut dire surtout qu’on n’a pas trouvé de signe grave ou envahissant expliquant la situation.


La deuxième étape, c’est de sortir de la logique tout ou rien. Vous n’avez pas besoin de choisir entre repos complet et forcing total. La bonne approche se situe généralement entre les deux.


Il faut recommencer à bouger graduellement, dans une zone tolérable, avec objectivité. Il faut se rappeler que mal ne veut pas toujours dire dommage. Il faut réduire les périodes prolongées d’immobilité. Il faut doser les activités. Il faut travailler la confiance, le mouvement et l’endurance.


Il faut aussi identifier les facteurs qui ont pu contribuer à l’épisode. Le stress, la fatigue, la sédentarité, un retour brusque à l’entraînement, une surcharge au travail, un mauvais sommeil, une période émotionnellement difficile. Plus on comprend le contexte, moins on tombe dans l’idée simpliste qu’un simple faux mouvement a détruit quelque chose.


Pourquoi bien comprendre la douleur accélère souvent la récupération ?

Parce que la compréhension réduit l’inquiétude. Et l’inquiétude, quand elle est intense ou prolongée, amplifie souvent la douleur.


Un patient qui reste convaincu qu’il a quelque chose de déplacé, coincé ou sur le point de casser va bouger différemment, respirer différemment, se crisper davantage et interpréter chaque sensation comme une menace. À l’inverse, un patient qui comprend que la plupart des douleurs au dos ne signifient pas une catastrophe reprend généralement plus vite ses activités, retrouve plus vite sa confiance et répond mieux à l’ensemble des interventions.


C’est pour ça qu’une bonne évaluation et une bonne explication valent énormément. Pas seulement pour rassurer. Pour redonner de l’autonomie. Pour réduire le catastrophisme. Pour permettre au cerveau de sortir du mode alarme.


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Quand consulter pour une douleur au dos avec radio ou IRM normale ?

Vous devriez consulter si la douleur vous inquiète, si elle dure, si elle revient souvent, si elle vous empêche de fonctionner normalement ou si vous ne savez plus comment bouger sans peur.


Vous devriez consulter rapidement en urgence si vous avez des pertes de force, des pertes de sensation importantes, une anesthésie de l’entrejambe, une perte de contrôle de la vessie ou des intestins, ou une douleur totalement incontrôlable qui n’est soulagée par aucune position et qui s’aggrave avec le temps.


Dans tous les autres cas, une bonne consultation musculosquelettique peut faire une énorme différence, surtout lorsqu’elle vise à clarifier ce qui se passe, à identifier les drapeaux rouges s’il y en a, puis à vous guider vers une reprise graduelle du mouvement et de l’autonomie.


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Conclusion


« Avoir mal au dos alors que la radio ou l’IRM ne montrent rien d’inquiétant est fréquent. Très fréquent, même. Ce n’est pas la preuve que la douleur n’est pas réelle. Ce n’est pas la preuve non plus qu’on a manqué quelque chose de grave. » - Dr. Julien Boisvert, chiropraticien

La majorité des épisodes de douleur au dos sont non spécifiques. Ils surviennent dans un contexte de surcharge, de sensibilité, de protection excessive, de stress, de fatigue, de sédentarité ou d’accumulation de facteurs de risque. Ils peuvent être très douloureux sans être dangereux.


Le plus important n’est donc pas seulement de chercher ce qui pourrait être visible sur une image. C’est de comprendre ce qui entretient la douleur dans votre quotidien, dans vos mouvements, dans vos croyances et dans vos habitudes.


« Plus vous comprenez votre douleur, plus vous redevenez autonome. Plus vous redevenez autonome, plus vous pouvez bouger avec confiance. Et plus vous bougez avec confiance, plus vous donnez à votre dos une vraie chance de se calmer. » - Dr. Julien Boisvert, chiropraticien

FAQ - Questions fréquentes: Mal de dos


Voici une série de questions fréquentes auxquelles nous répondons régulièrement à la clinique et sur mes médias sociaux. N’hésitez pas à vous abonner à ma chaîne YouTube, ainsi qu’à mes pages TikTok et Facebook. Si votre question n’a pas été abordée dans cet article, vous pouvez la laisser à la fin de celui-ci. Pour une réponse plus rapide, je vous invite toutefois à la poser directement sous l’une de mes vidéos YouTube, et il me fera plaisir de vous répondre dans les commentaires.


Pourquoi j’ai mal au dos si l’IRM est normale ?

Parce que la majorité des douleurs au dos sont non spécifiques. Une IRM peut être normale même si la région est très sensible, surprotégée et douloureuse.

Est ce qu’une radio normale veut dire que je n’ai rien ?

Non. Cela veut surtout dire qu’on n’a pas vu de fracture, de grosse anomalie osseuse ou d’autre problème majeur visible à cet examen.

Est ce qu’une douleur intense veut dire qu’il y a une blessure grave ?

Non. L’intensité de la douleur ne reflète pas toujours l’importance d’un dommage. Le corps peut protéger très agressivement une région sans blessure grave.

Est ce que mon dos peut bloquer sans hernie discale ?

Oui. C’est extrêmement fréquent. Beaucoup de dos se bloquent sans qu’il y ait de hernie discale envahissante ou de compression nerveuse importante.

Est ce que se pencher peut empirer mon dos ?

Se pencher peut être douloureux, mais cela ne veut pas automatiquement dire que vous abîmez votre dos. Le contexte, la peur et la sensibilité de la région jouent un grand rôle.

Pourquoi j’ai plus mal après être resté assis ?

Parce que l’immobilité prolongée peut augmenter la raideur, la sensibilité locale et les spasmes protecteurs du bas du dos.

Est ce que le stress peut vraiment provoquer une douleur au dos ?

Oui. Le stress peut rendre le cerveau plus vigilant, diminuer la tolérance au mouvement et amplifier les mécanismes de protection douloureu

Est ce que comprendre la douleur aide vraiment ?

Oui. Une meilleure compréhension réduit l’inquiétude, améliore l’autonomie et favorise généralement une récupération plus rapide





 
 
 

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